À peine le temps de digérer l’humiliation subie contre l’Angleterre que la Croatie doit déjà retourner au combat. Trois jours après le cinglant 7-0 encaissé à Rijeka, les Vatreni accueillent l’Espagne ce mardi 6 octobre au stade Poljud de Split, à 20h45 (heure française). Et le défi s’annonce immense : les champions du monde en titre avaient déjà corrigé la Croatie 4-1 à Séville lors de la deuxième journée de cette Ligue des Nations.
Pour Luka Modrić et ses coéquipiers, l’enjeu dépasse désormais le simple résultat. Après le naufrage contre l’Angleterre et les mots particulièrement durs du capitaine croate, cette rencontre à Split doit permettre aux Vatreni de montrer un tout autre visage et de préserver leurs chances dans la course aux premières places du groupe.
La fin de l’ère Modrić ? La Croatie humiliée par l’Angleterre
Le contexte
Croatie
La Croatie aborde ce rendez-vous dans une situation particulièrement délicate. Après son élimination en 16es de finale de la Coupe du monde 2026 contre le Portugal (2-1), au terme d’un match où les Vatreni avaient pourtant ouvert le score, Zlatko Dalić a laissé sa place à Slaven Bilić, de retour sur le banc croate. Le nouveau sélectionneur avait pourtant réussi ses débuts en Ligue des Nations en allant s’imposer 2-1 en République tchèque, avec notamment un Luka Modrić décisif, mais la dynamique s’est rapidement inversée. La Croatie a ensuite été nettement dominée par l’Espagne à Séville (4-1), avant de subir trois jours plus tard une véritable correction contre l’Angleterre (0-7), sa plus lourde défaite dans son histoire. À Rijeka, les Croates ont été menés 4-0 dès la pause et n’ont jamais trouvé les ressources nécessaires pour inverser la tendance. Bilić avait d’ailleurs tenté de réagir dès la mi-temps en lançant Mario Pašalić, Nikola Vlašić et Igor Matanović, tandis que Modrić quittait le terrain à la 57e minute.
Au-delà du score, c’est surtout la manière qui inquiète. La Croatie conserve des individualités de très haut niveau, avec Josko Gvardiol, Mateo Kovačić, Ivan Perišić, Andrej Kramarić et surtout Luka Modrić, mais l’équipe semble actuellement incapable de retrouver la solidité collective qui a longtemps constitué sa principale force. Le problème apparaît particulièrement criant dans les transitions défensives et dans la capacité à résister lorsque l’adversaire impose un rythme élevé : après avoir encaissé quatre buts contre l’Espagne, les Vatreni en ont encore concédé sept face à l’Angleterre, soit onze buts en seulement deux rencontres. Même le début de cette campagne avait pourtant laissé entrevoir davantage de maîtrise, puisque la Croatie avait remporté son premier match en République tchèque. Le contexte est donc paradoxal : l’équipe possède encore suffisamment d’expérience et de talent pour réagir, mais elle doit le faire quasiment immédiatement, trois jours après une humiliation historique. À domicile, le retour à Split peut constituer un facteur psychologique important, mais la priorité de Bilić sera surtout de rétablir une structure défensive et une agressivité collective capables de limiter les espaces laissés à une Espagne qui vient précisément de démontrer à quel point elle sait les exploiter.
Composition probable Croatie (4-2-3-1) : Livaković – Gvardiol, Perišić, Vuskovic, Stanišić – Kovačić, Modrić – Sučić , Ivanovic, Pašalić – Budimir.
Espagne
À l’inverse, l’Espagne débarque à Split avec une confiance au beau fixe. Championne du monde en 2026 et toujours dirigée par Luis de la Fuente, la Roja a parfaitement lancé sa campagne de Ligue des Nations en remportant ses trois premières rencontres. Elle a d’abord renversé l’Angleterre à Wembley (3-2), avant de prendre largement le dessus sur la Croatie à Séville (4-1), puis de confirmer face à la République tchèque (3-1) à Oviedo. Ce dernier succès a porté son bilan à neuf points sur neuf, avec 10 buts marqués et seulement 4 encaissés, permettant aux Espagnols de s’installer seuls en tête du groupe A3. Surtout, la victoire contre la Tchéquie a porté à 42 le nombre de matchs officiels consécutifs sans défaite de la sélection espagnole, une série qui illustre la remarquable continuité du projet de De la Fuente.
L’Espagne impressionne autant par ses résultats que par la richesse de ses solutions offensives. Lamine Yamal est évidemment devenu l’un des principaux visages de cette génération : après avoir marqué à Wembley contre l’Angleterre, le jeune ailier a signé un doublé contre la Croatie avant de trouver encore le chemin des filets face à la République tchèque. Mais la Roja ne manque pas de ressources, y compris lorsque certains cadres viennent à manquer. Après le forfait de Ferran Torres, touché à la cheville gauche, Luis de la Fuente a ainsi appelé Carlos Espí en renfort. Le jeune attaquant sort d’une performance spectaculaire avec les Espoirs, puisqu’il vient d’inscrire cinq buts lors de la victoire 13-0 contre Saint-Marin. Une nouvelle preuve de la profondeur offensive dont dispose le sélectionneur espagnol, qui peut également compter sur Pedri pour contrôler le rythme et casser les lignes, ou encore sur Rodri pour assurer l’équilibre au milieu. Cette richesse avait déjà été manifeste contre la Croatie à Séville : Yamal avait inscrit deux buts et délivré une passe décisive, tandis que Nico Williams avait définitivement scellé le succès espagnol en fin de rencontre.
Composition probable Espagne (4-2-3-1) : Simón – Pubill, Cubarsí, Laporte, Cucurella – Rodri, Pedri – Yamal, Olmo, Baena – Oyarzabal.
L’historique des confrontations entre les deux nations
La Croatie et l’Espagne se connaissent bien, avec des confrontations souvent spectaculaires ces dernières années. Sur leurs cinq derniers duels, la Roja s’est imposée à trois reprises, contre une victoire croate et un match nul. Le dernier affrontement, disputé le 29 septembre 2026 en Ligue des Nations à Séville, a largement tourné en faveur des Espagnols (4-1). Avant ce match, les deux sélections s’étaient affrontées en demi-finale de la Ligue des Nations 2023, avec un 0-0 après prolongation avant une victoire espagnole aux tirs au but (5-4). La Croatie avait auparavant battu l’Espagne 3-2 en Ligue des Nations en 2018, tandis que la Roja s’était imposée 2-1 à l’Euro 2016. Ces précédents montrent donc une rivalité souvent équilibrée, mais la dynamique actuelle est nettement favorable à l’Espagne, qui vient de dominer les Vatreni et reste sur une impressionnante série de résultats positifs.
Statistiques clés
- La Croatie reste sur deux lourdes défaites consécutives, avec un 4-1 contre l’Espagne puis un historique 7-0 face à l’Angleterre. Les Vatreni ont donc encaissé 11 buts en deux matchs, un chiffre qui illustre leurs énormes difficultés défensives du moment.
- La Croatie n’a remporté qu’un seul de ses trois matchs dans cette Ligue des Nations, avec une victoire 2-1 en République tchèque avant les revers contre l’Espagne et l’Angleterre. Les hommes de Slaven Bilić comptent ainsi seulement 3 points sur 9 avant de retrouver la Roja.
- L’Espagne affiche à l’inverse un carton plein avec trois victoires en trois journées. La Roja a battu l’Angleterre 3-2, la Croatie 4-1 puis la République tchèque 3-1, ce qui lui permet d’aborder ce déplacement avec 9 points sur 9.
- L’Espagne a inscrit 10 buts en trois rencontres de Nations League, soit plus de trois réalisations par match en moyenne. La Roja a trouvé le chemin des filets à chaque sortie et vient notamment de marquer quatre fois contre la Croatie puis trois fois face à la République tchèque.
- Lamine Yamal est particulièrement en forme dans cette compétition. L’ailier espagnol a déjà inscrit quatre buts en trois journées, dont un doublé lors du succès 4-1 contre la Croatie, avant de marquer encore face à la République tchèque. Il figure ainsi parmi les meilleurs buteurs de la Nations League.
- La Roja reste sur une impressionnante série de 42 matchs officiels sans défaite après son succès contre la République tchèque. Cette dynamique témoigne de la régularité de l’Espagne, qui arrive à Split avec une confiance largement supérieure à celle de son adversaire.
- La dernière confrontation entre les deux sélections a nettement tourné en faveur de l’Espagne, victorieuse 4-1 à Séville le 29 septembre. Lamine Yamal avait signé un doublé et une passe décisive, tandis que Marc Pubill et Nico Williams avaient également participé au succès espagnol.
- La Croatie devra également composer avec une défense qui vient de concéder sept buts dans un seul match, une première dans son histoire selon les données relayées après la correction subie face à l’Angleterre. À l’inverse, l’Espagne a encaissé seulement quatre buts lors de ses trois premières journées, ce qui accentue encore l’écart de dynamique entre les deux équipes.
Options de paris basées sur ces statistiques
- Victoire Espagne : 1,30
- Match nul : 6,07
- Victoire Croatie : 10,00
- Les deux équipes marquent – OUI (BTTS) : 1,78
- Plus de 2,5 buts : 1,41
- Lamine Yamal buteur : 2,11
Pronostics
Victoire Espagne – Cote indicative : 1,30
L’Espagne part avec un net avantage au regard de sa dynamique actuelle. La Roja reste sur trois victoires en trois journées dans cette Ligue des Nations, dont un large succès 4-1 contre la Croatie à l’aller, tandis que les Vatreni viennent d’encaisser onze buts en deux rencontres. Malgré le déplacement à Split, les champions du monde semblent disposer de suffisamment d’arguments pour s’imposer une nouvelle fois.
Handicap Espagne -1,5 but – Cote indicative : 1,82
Le handicap -1,5 apparaît intéressant compte tenu de l’écart affiché entre les deux sélections ces dernières semaines. L’Espagne a déjà battu la Croatie 4-1 à Séville et possède une attaque qui a inscrit dix buts en trois journées. Face à une défense croate qui vient de concéder sept buts contre l’Angleterre, un succès espagnol par au moins deux buts d’écart reste un scénario crédible.
Lamine Yamal buteur – Cote indicative : 2,11
Déjà auteur d’un doublé contre la Croatie au match aller, Lamine Yamal arrive avec une confiance maximale. Le jeune ailier a marqué lors des trois premières journées de cette Ligue des Nations et reste l’une des principales menaces offensives de la Roja. Sa capacité à faire la différence dans les un-contre-un en fait naturellement l’un des candidats les plus sérieux pour trouver une nouvelle fois le chemin des filets.
Conclusion
La Croatie n’aura pas le droit à l’erreur à Split. Trois jours après avoir subi la plus lourde défaite de son histoire, les Vatreni doivent rapidement retrouver de la solidité et de la confiance face à une Espagne qui avance avec le plein de certitudes. Forte de trois victoires en trois journées et déjà victorieuse 4-1 à l’aller, la Roja possède tous les arguments pour poursuivre sa série et conforter sa première place du groupe. Pour Slaven Bilić et ses hommes, l’objectif sera surtout de montrer un tout autre visage et de prouver que le naufrage de Rijeka n’a pas définitivement fragilisé cette génération croate.
Les cotes peuvent évoluer.
