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Euro 2020: l’Autrichien Arnautovic a réveillé ses vieux démons

Si le caractère volcanique de Marko Arnautovic s’était apaisé, le buteur a un peu replongé en insultant un adversaire, mais l’Autriche, qui l’adore, compte sur lui pour le match décisif contre l’Ukraine, lundi (18h00) à Bucarest, pour son retour de suspension.

Comme le sparadrap du capitaine Haddock, sa réputation est revenue coller aux doigts d’”Arnie”… Une insulte malheureuse juste après le but du KO contre la Macédoine du Nord (3-1) envers Ezgjan Alioski lui a coûté le deuxième match, contre les Pays-Bas.

Franco Foda, qui l’a défendu, a d’ailleurs assuré dimanche qu’il serait titulaire contre l’Ukraine.

“Malheureusement, emporté par l’émotion, il a un peu sur-réagi”, a estimé le sélectionneur à propos de l’attitude de son joueur lors de la première rencontre. “Mais il a admis son erreur et s’est excusé auprès du joueur après le match et, plus important encore, il s’est excusé publiquement”.

En effet, Arnautovic est allé à Canossa après l’algarade: “Il y a eu des mots un peu chauds dans l’émotion du match pour lesquels je voudrais présenter mes excuses, spécialement auprès de mes amis de Macédoine du Nord et d’Albanie”, a-t-il écrit sur son compte Instagram.

“Je ne suis pas raciste! J’ai des amis dans presque tous les pays et je suis pour la diversité”, a ajouté le joueur, d’origine serbe.

Bien plus mûr à 32 ans, il s’était peu à peu débarrassé de cette pancarte d’enfant terrible.

Il avait par exemple ému l’Autriche avant le tournoi, craquant en conférence de presse sur une question à propos de son confinement en Chine pendant la pandémie, lui qui joue au Shanghai IPG.

 En larmes

“Je n’ai pas vu mes enfants ni ma famille pendant des mois, ce n’était pas facile”, a-t-il raconté.

Puis l’émotion l’a emporté, il a plongé la tête dans ses mains, en larmes, consolé par Foda, qui lui a tapoté l’épaule.

Mais l’incident avec Alioski a refait surgir son sulfureux passé.

Dès l’enfance, le surdoué a écumé les équipes de jeunes des clubs de la capitale, Austria, Rapid, First Vienna… lassant ses dirigeants et entraîneurs par son attitude, avant de débuter en pro à seulement 16 ans au Floridsdorfer, un club viennois de deuxième division.

Dès 17 ans, il file au FC Twente (Pays-Bas), où il est soupçonné d’insulte envers Ibrahim Kargbo, de Willem II, avant que l’enquête de la fédération néerlandaise se termine sans trouver de preuve.

A 20 ans, il débarque à l’Inter Milan avec une réputation de nouvel Ibrahimovic. Mais il ne jouera que trois matches dans la saison du triplé (2010), et José Mourinho lui taille gentiment un costard.

Arnautovic “me fait rire, c’est un garçon fantastique, mais il a une mentalité de gamin. Et son meilleur ami (Mario Balotelli, ndlr) ne vaut pas mieux que lui, tous les deux ensemble, ce n’est pas facile…” rigole “Mou”.

Coutumier des retards à l’entraînement, et sanctionné, l’Autrichien arrive un jour avec trois heures d’avance, confondant l’horaire…

La montre de Mourinho

Mourinho “m’a applaudi et m’a dit: +Tiens, je te donne ma montre+. Je l’ai encore aujourd’hui”, a raconté Arnautovic au Daily Mail.

Transféré au Werder Brême, il finit par y épuiser dirigeants et coéquipiers.

“Il est toujours dans son coin, il conteste trop, dit toujours non et doit trouver un équilibre pour ne pas paraître si arrogant”, grince le capitaine Torsten Frings.

Son aventure au Werder s’est terminée en queue de poisson, après une énième incartade, un excès de vitesse en compagnie de son coéquipier Eljero Elia.

“Arnie” file à Stoke City (2013) et commence à s’assagir. Son entraîneur, un autre fort en gueule, le Gallois Mark Hugues, a su tirer le meilleur parti de son caractère en le mettant souvent en avant.

A West Ham, il se prend encore un peu la tête avec le coach, David Moyes, mais gagne en discrétion et en professionnalisme.

Pour être sûr que les mots avec Alioski ne représentent pas une rechute, même un de ses concurrents pour un poste d’attaquant le défend. Michael Gregoritsch juge “légitime qu’on parle” de l’incident, “mais Marko n’est pas raciste”.

Arnie ne se laissera “désormais plus entraîner dans des futilités”, a assuré Konrad Laimer.

Et ses adversaires se méfient surtout du buteur Arnautovic. “Je connais ses grandes qualités”, prévient l’Ukrainien Sergiy Kryvstov. Ce n’est pas la réputation qui joue.

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