L’UEFA prête à boycotter la Coupe du Monde ? Les raisons de la crise avec la FIFA

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UEFA. Source : Channel 4

Deux semaines seulement après la fin de la Coupe du monde 2026, le football mondial est secoué par une décision majeure. Réunis en urgence par visioconférence ce jeudi, les 55 membres de l’UEFA ont voté à l’unanimité en faveur d’un boycott de toutes les compétitions organisées par la FIFA, y compris les Coupes du monde masculine et féminine si Gianni Infantino maintient son projet d’ouvrir le capital commercial de ces tournois à des investisseurs privés.

Ce qui a mis le feu aux poudres

Mardi, la FIFA a dévoilé son plan : créer une nouvelle entité commerciale, la FIFA Forward Enterprise (FFE), valorisée à 20 milliards de dollars, qui prendrait le contrôle des opérations commerciales et événementielles de ses compétitions, y compris les futures éditions de la Coupe du Monde. L’objectif affiché : lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars auprès d’investisseurs extérieurs. Le groupe d’investisseurs pressenti pour mener l’opération est dirigé par Joshua Kushner, le frère de Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump.

La réponse de l’UEFA, sans détour

Le communiqué européen ne fait dans aucune demi-mesure :

« La Coupe du Monde ne peut être traitée comme un produit d’investissement. Elle a été construite au fil des générations par les joueurs, les équipes nationales et les supporters de tous les continents »

écrit l’UEFA, qui va jusqu’à parler d’une « gouvernance par l’intimidation ».

Le message final est cinglant :

« Certaines choses sont tout simplement trop importantes pour être vendues. La Coupe du Monde appartient au football. Il en sera toujours ainsi. Et tant que l’Europe aura voix au chapitre, elle ne sera jamais à vendre. »

La contestation prend de l’ampleur

L’UEFA est loin d’être isolée dans ce bras de fer. La CONCACAF, qui regroupe notamment les États-Unis, le Canada et le Mexique, pays hôtes du Mondial 2026, a elle aussi publiquement rejeté le projet de la FIFA, une position rapidement relayée et soutenue par la Fédération américaine sur les réseaux sociaux. L’attention se porte désormais sur les autres grandes confédérations, en particulier la CONMEBOL et la CAF, dont la position pourrait s’avérer décisive dans ce conflit naissant.

Ce qui inquiète vraiment les fédérations

Au-delà d’un processus dénoncé comme opaque et mené sans véritable consultation des instances du football, c’est surtout la philosophie du projet qui suscite l’inquiétude. Pour de nombreuses fédérations, l’entrée d’investisseurs privés dans la gouvernance commerciale des Coupes du monde pourrait faire passer les intérêts financiers avant ceux du sport. Le calendrier international, le format des compétitions ou encore les décisions stratégiques risqueraient alors d’être influencés par des objectifs de rentabilité plutôt que par l’intérêt du football.

Ce bras de fer rappelle celui de 2021, lorsque la menace d’un boycott de l’UEFA avait contribué à faire échouer le projet d’une Coupe du monde organisée tous les deux ans. Les prochaines semaines pourraient être décisives : la Coupe du monde U20 féminine, prévue en septembre en Pologne, constituera un premier test de cette confrontation, tandis que le Mondial féminin 2027 au Brésil pourrait, lui aussi, être directement affecté si aucun compromis n’est trouvé.

 

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