En 2010, Diego Milito avait offert un triplé historique à l’Inter Milan sans même figurer dans la liste du Ballon d’Or. Quinze ans plus tard, le débat ressurgit avec le sacre d’Ousmane Dembélé au PSG. Retour sur l’une des plus grandes injustices de l’histoire du football.
Milito, le héros oublié du triplé de l’Inter
Imaginez un joueur qui, en 2010, inscrit 30 buts toutes compétitions confondues, dont 22 en Serie A, et surtout les buts décisifs dans chaque finale : le but de la victoire en Coupe d’Italie, le but du titre en championnat lors de la dernière journée et un doublé en finale de Ligue des champions face au Bayern Munich. Ce joueur ? Diego Milito.
L’attaquant argentin a porté l’Inter Milan de José Mourinho vers un triplé historique, le premier et unique du club. Pourtant, à la surprise générale, Milito n’a même pas figuré dans la liste des 23 nommés pour le Ballon d’Or 2010.
Son ancien coéquipier Esteban Cambiasso n’en revient toujours pas :
« Depuis que Diego Milito n’était pas parmi les finalistes en 2010, pour moi, le Ballon d’Or a perdu de sa crédibilité. Un joueur qui définit la Ligue des champions avec deux buts, qui gagne le triplé et qui marque dans toutes les finales méritait au moins d’être finaliste. »
Quatre joueurs de l’Inter avaient pourtant été retenus : Wesley Sneijder, qui termina 4e derrière le podium 100 % Barça (Messi, Iniesta, Xavi), ainsi que Samuel Eto’o (12e), Maicon (17e) et Julio Cesar (19e).
Rafael Benítez, successeur de Mourinho sur le banc intériste, s’était dit stupéfait :
« C’est étrange, vraiment étrange. Il a même gagné le trophée du meilleur joueur de la Ligue des champions. Nous avons tous été surpris. »
Dembélé, Ballon d’Or 2025 et miroir de l’histoire
En 2025, l’histoire semble se répéter… mais à l’inverse. Ousmane Dembélé a cette fois été justement récompensé pour avoir mené le Paris Saint-Germain à un triplé inédit (Ligue 1, Coupe de France, Ligue des champions). Comme Milito en 2010, le Français a multiplié les buts décisifs et les prestations marquantes.
La comparaison entre les deux parcours s’impose. À l’époque, Mourinho avait défendu son joueur Samuel Eto’o, absent du palmarès malgré une carrière exceptionnelle :
« Il est difficile de comprendre comment Samuel Eto’o n’a jamais gagné le Ballon d’Or avec la carrière impressionnante qu’il a eue. Samuel a joué dans les meilleures équipes, dans les meilleurs championnats. Il a marqué un nombre incroyable de buts, il a été le meilleur attaquant du monde pendant plusieurs années et je pense qu’il méritait un Ballon d’Or. Mais ce sont des choses qui ne dépendent pas de nous. »
Si en 2010, Milito fut ignoré malgré son triplé historique, Dembélé a eu la reconnaissance en 2025. Le contraste illustre à quel point le Ballon d’Or peut parfois couronner… ou oublier.

